Immobilier professionnel

Marchand de biens : acheter pour revendre, en professionnel

Acheter un bien, le valoriser (rénovation, division, changement d’usage) puis le revendre avec une marge : c’est le métier de marchand de biens. Une activité commerciale à fort potentiel, mais très encadrée fiscalement — structure, TVA, droits d’enregistrement et trésorerie doivent être calibrés dès le départ.

Activité commerciale (BIC ou IS)
Droits d’enregistrement réduits à 0,715 %
TVA sur la marge dans de nombreux cas

Le principe

Un métier, pas un statut fiscal d’investisseur

Le marchand de biens achète des biens immobiliers dans le but de les revendre avec une plus-value, à titre habituel. C’est une activité commerciale à part entière — inscription au registre du commerce, comptabilité, obligations professionnelles — qui n’a rien à voir avec l’investisseur particulier qui achète pour louer et conserver.

La valeur se crée par le travail sur le bien : rénovation, division en lots, changement d’usage, montage juridique, puis revente. C’est un métier de marge et de rotation du capital, où la fiscalité et la trésorerie pèsent autant que la qualité de l’affaire.

Conséquence importante : les profits ne relèvent pas du régime des plus-values des particuliers. Il n’y a pas d’abattement pour durée de détention : le bénéfice est imposé comme un revenu professionnel. D’où l’importance de choisir la bonne structure dès la première opération.

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La structure

Choisir la bonne enveloppe

Société à l’IS

Une SAS ou SARL soumise à l’impôt sur les sociétés isole l’activité, protège le patrimoine personnel et permet de piloter la rémunération. Le taux d’IS est de 25 % (15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les PME éligibles).

Exercice à l’IR (BIC)

En nom propre ou en société translucide, le bénéfice est imposé au barème de l’impôt sur le revenu (catégorie BIC), avec les cotisations sociales des indépendants. Simple, mais souvent plus lourd dès que les marges montent.

Le rôle de la holding

Une holding au-dessus de la société d’exploitation permet de remonter les dividendes en quasi-franchise (régime mère-fille), de réinvestir et de préparer la transmission. Un montage à étudier dès que l’activité se pérennise.

Fiscalité 2026

Les trois impôts à maîtriser

La rentabilité d’une opération dépend autant du prix d’achat que de la fiscalité. Trois postes sont déterminants pour un marchand de biens.

PosteRèglePrécision
Imposition du bénéficeBIC (IR) ou ISselon la structure ; à l’IS, 25 % (15 % jusqu’à 42 500 €)
Droits d’enregistrement à l’achat0,715 %avec engagement de revendre dans les 5 ans (au lieu d’environ 5,8 %)
TVA à la reventeSur la marge ou le prix totalmarge si l’achat n’a pas ouvert droit à déduction ; prix total sur le neuf ou terrain à bâtir
Plus-value des particuliersNon applicablepas d’abattement pour durée de détention : c’est un bénéfice professionnel

La TVA du marchand de biens est l’un des sujets les plus techniques : le choix entre TVA sur la marge et TVA sur le prix total change fortement la rentabilité et fait l’objet d’un contrôle attentif de l’administration. Il se sécurise opération par opération.

Points de vigilance

Là où les opérations dérapent

Le premier risque est le marché : une revente plus lente ou moins chère que prévu érode la marge, alors que les frais courent. La trésorerie est le nerf de la guerre — travaux, portage, taxes — et un enchaînement d’opérations mal financé peut fragiliser toute l’activité.

S’ajoute le risque de requalification fiscale : un investisseur qui revend trop souvent peut être requalifié en marchand de biens par l’administration, avec un rappel d’impôt et de TVA. À l’inverse, un marchand doit respecter ses engagements (revente sous 5 ans) pour conserver les droits réduits. Chaque opération se cadre en amont.

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Vos questions

Marchand de biens : questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un marchand de biens ?+
C’est un professionnel qui achète des biens immobiliers pour les revendre avec une marge, à titre habituel. Il valorise les biens (rénovation, division, changement d’usage) puis les revend. C’est une activité commerciale, inscrite au registre du commerce, distincte de l’investissement locatif classique.
Quelle fiscalité pour un marchand de biens ?+
Le bénéfice est imposé comme un revenu professionnel : en BIC au barème de l’impôt sur le revenu, ou à l’impôt sur les sociétés (25 %, 15 % jusqu’à 42 500 € pour les PME éligibles) si l’activité est exercée en société. Il n’y a pas d’abattement pour durée de détention, contrairement au régime des particuliers.
Quels sont les droits d’enregistrement à l’achat ?+
Le marchand de biens bénéficie de droits d’enregistrement réduits à 0,715 %, à condition de prendre l’engagement de revendre le bien dans les cinq ans (au lieu d’environ 5,8 % pour un acheteur classique). Une alternative existe avec l’engagement de construire.
Comment fonctionne la TVA du marchand de biens ?+
Selon le bien, la TVA s’applique sur la marge (lorsque l’achat n’a pas ouvert droit à déduction, cas fréquent dans l’ancien) ou sur le prix total (immeuble neuf, terrain à bâtir). Ce choix a un impact majeur sur la rentabilité et fait l’objet d’un contrôle attentif : il se sécurise opération par opération.
Faut-il créer une société ?+
Ce n’est pas obligatoire, mais souvent recommandé. Une société à l’IS (SAS, SARL) protège le patrimoine personnel, permet de piloter la rémunération et de réinvestir les bénéfices à une fiscalité maîtrisée. Le bon choix dépend du volume d’opérations, de vos revenus et de vos objectifs de long terme.
Peut-on être requalifié en marchand de biens sans le vouloir ?+
Oui. Un particulier qui achète et revend fréquemment des biens peut être requalifié en marchand de biens par l’administration fiscale, avec imposition du bénéfice en BIC et rappel de TVA. La fréquence et l’intention de revendre sont les critères clés : mieux vaut clarifier son statut en amont.

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